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Articles scientifiques
Publié le
31/3/2022

La simulation : un prétexte au débriefing

La simulation réunit plusieurs conditions favorables à l’apprentissage : elle permet d’appréhender un environnement proche de la réalité, d’en comprendre la complexité mais également de mener une réflexion sur ses propres pensées, actions et émotions. Cependant, la simulation peut prendre plusieurs formes. L'important à garder en tête : cela reste un prétexte au débriefing.

La simulation, une approche pédagogique pertinente

La simulation s’intègre dans les nouvelles pédagogies pertinentes pour former les professionnels de santé. Elle est d’ailleurs utilisée depuis longtemps dans d’autres domaines comme celui de l’aéronautique* et peut être vue comme outil permettant de tester son environnement de travail.

En santé, « la simulation s’est imposée en quelques années comme un outil essentiel de la formation des professions à risques » .*

Depuis 2010, la Haute Autorité de Santé (HAS) promeut la simulation en santé et un guide complet a d’ailleurs été publié en 2019 à ce sujet.

La simulation, un prétexte au débriefing

Selon la Haute Autorité de Santé, la simulation en santé correspond « à l’utilisation d’un matériel, de la réalité virtuelle ou d’un patient standardisé, pour reproduire des situations ou des environnements de soins, pour enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et permettre de répéter des processus, des situations cliniques ou des prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels. »*

Plus généralement, il s’agit de jouer un rôle dans un environnement en partie ou complètement reconstruit dans un autre temps, dans lequel les actions réalisées sont sans conséquences directes pour les patients. C’est le fameux « jamais la première fois sur un patient ».

La simulation en santé réunit plusieurs conditions favorables à l’apprentissage. En effet, l'intérêt de la simulation dépasse la simple pratique d’un geste et la mise en œuvre d’un comportement. Elle permet d’appréhender un environnement proche de la réalité, d’en comprendre la complexité mais également de mener une réflexion sur ses propres pensées, actions et émotions. On parle parfois de réflexivité ou de métacognition.

Cependant, la qualité de l’apprentissage par la simulation dépend également d’un autre élément-clé : le débriefing. Il s’agit d’un temps d’analyse et de synthèse qui succède à la mise en situation simulée. On dit d’ailleurs que la simulation n’est qu’un prétexte pour débriefer.

Le débriefing est défini selon Pierre Pastré comme « toutes les séquences qui ont pour but, après l’action, d’amener les apprenants à une analyse réflexive (et rétrospective) de leur propre activité ».*

Le débriefing a pour objectif principal de susciter la réflexivité des apprenants et est un moment clé pour apprendre d’une simulation. Il permet aux apprenants d’analyser leurs actions grâce à une rétroaction mais également de les réajuster à travers des échanges en groupe, avec le formateur.

Il a pour rôle « d’aider les participants à comprendre, analyser et synthétiser leur raisonnement, leurs émotions et leurs actions survenus durant la simulation dans le but d’améliorer leurs performances futures dans des situations similaires ».*

La mise en place d’un débriefing

Le débriefing doit être soigneusement préparé par les formateurs. Le modèle 3D pour Defusing, Discovering, Deepening offre une structure intéressante. D’autres modèles existent.

Exposons brièvement le modèle RAS (similaire au 3D) dont le déroulement inclut habituellement trois phases.*

  • La phase initiale de « réaction » (R) au cours de laquelle les participants (ou apprenants) peuvent exprimer leurs émotions et leur ressenti immédiat.

Il s’agit de relâcher la pression par la verbalisation du vécu permettant ainsi des échanges ultérieurs sereins.

C’est une phase descriptive où les apprenants peuvent être amenés à décrire les évènements survenus et leurs réactions correspondantes.

  • La seconde phase, dite « d’analyse » (A), permet d’explorer les actions réalisées et le raisonnement qui a conduit à leur réalisation.

Cette phase, guidée par le formateur-débriefeur, doit répondre aux objectifs pédagogiques définis dans le programme de formation.

  • La troisième phase est celle de la « synthèse » (S).

Cette phase peut être faite soit par le formateur, soit par l’apprenant, et a pour but principal de faire une évaluation des apprentissages. Elle doit également définir précisément les nouveaux objectifs et les actions d’amélioration en termes de connaissances, compétences et comportements.

SafeTeam Academy et la simulation

Les fondateurs de la SafeTeam Academy sont formateurs en simulation et sont partis de cette expertise pédagogique pour innover et proposer une nouvelle façon de simuler. En partant de la simulation vécue in-situ, le nec plus ultra de la simulation pleine échelle, les Dr F. Martin et F. Jaulin ont créé la simulation perçue : comme au cinéma, les apprenants sont immergés dans un film vidéo-immersif au cours duquel les pratiques et routines seront interrogées..

La SafeTeam Academy utilise la simulation comme outil pour la fiabilisation des pratiques en santé en faisant appel à une industrie historique en France : le cinéma.

Grâce aux remontées d’expériences faites par les acteurs de terrain, les formations vidéos-immersives sont scénarisées à partir d’histoire vraies - à partir des cas rapportés sur la Patient Safety Database - permettant ainsi de représenter la “vraie vie”.

Le réalisme et l’authenticité perçue font partie des vecteurs d’apprentissage.

Cet outil pédagogique expérientiel aide ainsi à l’analyse des pratiques et à l'acquisition de nouvelles compétences au sein des structures,  favorisant ainsi l’apprentissage des soignants.

D’ailleurs, pour réussir ce challenge, la SafeTeam Academy emploie également des méthodes pédagogiques utilisées en simulation. L’objectif : développer la métacognition. Il s’agit de réfléchir à la façon dont on communique, la façon dont on décide, la façon dont on travaille…
La métacognition est développée par les questions réflexives posées durant le film invitant le soignant, plongé dans un contexte engageant sur le plan émotionnel, à s’interroger sur ses pratiques.

Les parcours de formation e-learning proposés par la SafeTeam Academy ont été pensés pour être complétés par un débriefing présentiel et l’animation de discussions ciblant l’amélioration des pratiques. En ce sens, les centres de simulation et les formateurs en simulation sont de véritables acteurs du changement et s’articulent parfaitement pour proposer une expérience hybride (blended learning) la plus puissante qui existe à ce jour.

Si vous aussi vous souhaitez participer à la fiabilisation des soins au sein de vos structures, les formations SafeTeam Academy sont faites pour vous ! Pour en savoir plus, écrivez à l’adresse suivante : contact@safeteam.academy

* Comment mieux former et évaluer les étudiants en médecine et en sciences de la santé ?, Thierry Pelaccia, Préface de Jacques Tardif
* La simulation en santé : De la théorie à la pratique, Sylvain Boet, Jean-Claude Granry, Georges Savoldelli
* https://www.has-sante.fr/jcms/c_930641/fr/simulation-en-sante
* Pastré P. Apprendre par l'action, apprendre par la simulation. Educ Permanente 2006;3(168):205-16
* Rudolph JW, Simon R, Raemer DB, Eppich WJ. Debriefing as formative assessment: closing performance gaps in medical education. Acad Emerg Med 2008;15(11):1010-
* https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-02/outil_11_debriefing_en_simulation.pdf
photo de l'auteur de l'article du blog de la safeteam academy
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